Le cours — 6 modules

Prévention du risque chimique : comprendre le risque et la réglementation, décrypter l'étiquetage CLP et ses 9 pictogrammes, lire une fiche de données de sécurité (FDS), connaître les voies d'exposition et les effets sur la santé, appliquer la prévention (substitution, ventilation, EPI) et maîtriser le stockage, le transvasement, les déchets et les situations d'urgence — conformément au code du travail (art. R.4411-1 à R.4412-164), aux règlements européens CLP et REACH et aux repères de l'INRS. Touchez un module pour l'ouvrir.

Cette formation e-learning est une sensibilisation au risque chimique. Elle ne remplace pas la notice de poste de votre entreprise (art. R.4412-39), ni la formation pratique aux produits que vous utilisez réellement, ni les formations spécialisées obligatoires (amiante, CMR, ATEX, plomb…) lorsqu'elles s'appliquent.
Cette formation prépare deux profils :
Ma progression0 / 6 modules terminés
Vidéo du module 1 — Les risques chimiques (INRS)
Objectifs : savoir ce qu'est un agent chimique dangereux • mesurer l'ampleur du risque • connaître les obligations de l'employeur et l'ordre de la prévention.

1.1 Un risque partout, et souvent invisible

Le risque chimique ne concerne pas que l'industrie lourde : produits d'entretien, peintures, colles, solvants, carburants, encres, poussières de bois ou de silice, gaz d'échappement, fumées de soudage… Un salarié sur trois environ est exposé à au moins un produit chimique dangereux en France.

Le danger chimique est souvent invisible, inodore et différé : une exposition sans odeur ni douleur peut provoquer une maladie des années plus tard. C'est ce décalage qui le rend si difficile à percevoir — et si important à prévenir.

1.2 Danger, exposition, risque : les trois mots à ne pas confondre

NotionDéfinitionExemple
DangerLa propriété intrinsèque du produit (corrosif, inflammable, cancérogène…)L'acide est corrosif, même fermé dans son bidon
ExpositionLe contact entre le produit et l'organisme (durée, fréquence, quantité)Transvaser l'acide sans gants ni ventilation
RisqueLa combinaison des deux : danger × expositionBrûlure ou intoxication lors du transvasement
On ne peut pas supprimer le danger d'un produit — il est dans sa nature. Mais on peut agir sur l'exposition : c'est tout le travail de la prévention (module 5).

1.3 Agent chimique dangereux (ACD) et CMR

  • Un agent chimique dangereux (ACD) est tout produit qui présente un danger pour la santé ou la sécurité — y compris ceux qui ne sont pas étiquetés (poussières, fumées, gaz émis par un procédé) ;
  • les CMR sont les agents Cancérogènes, Mutagènes ou toxiques pour la Reproduction : ils font l'objet de règles renforcées, notamment une obligation de substitution quand elle est techniquement possible (art. R.4412-66).
Les produits émis par un procédé (fumées de soudage, poussières de bois, silice cristalline, gaz d'échappement diesel) sont des ACD à part entière, sans étiquette ni FDS. Ce sont souvent les plus sous-estimés.

1.4 Le cadre réglementaire

TexteContenu
Règlement CLP
(CE) n° 1272/2008
Classification, étiquetage et emballage des produits chimiques (module 2). Applicable directement depuis 2009, il a remplacé l'ancien système (fini les carrés orange).
Règlement REACH
(CE) n° 1907/2006
Enregistrement, évaluation et autorisation des substances. Son article 31 et son annexe II imposent la fiche de données de sécurité (module 3).
C. trav. R.4412-1 s.Règles générales de prévention du risque chimique : évaluation des risques (R.4412-5 s.), mesures de prévention, contrôles.
C. trav. R.4412-39Notice de poste : l'employeur établit, pour chaque poste exposé, une notice informant des risques et des mesures à appliquer.
C. trav. R.4412-59 s.Règles particulières aux CMR : substitution prioritaire (R.4412-66), travail en système clos, suivi de l'exposition.
C. trav. R.4412-149 s.VLEP — valeurs limites d'exposition professionnelle, contrôlées par un organisme accrédité.
C. trav. L.4121-1/2Obligation générale de sécurité et principes généraux de prévention.

1.5 L'évaluation des risques chimiques

L'employeur doit inventorier les produits, évaluer les risques (nature des dangers, niveau et durée d'exposition, cumul) et consigner le résultat dans le document unique (DUERP). L'INRS met à disposition l'outil gratuit SEIRICH pour mener cette évaluation.

Votre rôle dans cette évaluation : signaler les produits que vous utilisez réellement, les odeurs, les irritations, les fuites, les contenants non étiquetés. Personne ne connaît mieux le poste que celui qui l'occupe.
Questions associées : thème 1 → QCM.
Vidéo du module 2 — L'étiquetage des produits chimiques (CLP)
Objectifs : reconnaître les 9 pictogrammes • lire une étiquette complète • comprendre les mentions H et les conseils P.

2.1 Le règlement CLP

Le règlement européen CLP (Classification, Labelling and Packaging — n° 1272/2008) transpose le système mondial harmonisé (SGH). Il impose une classification des produits en classes de danger et un étiquetage uniforme dans toute l'Union européenne. Il définit 33 classes de danger : 17 dangers physiques, 11 pour la santé, 4 pour l'environnement et 1 pour la couche d'ozone.

Mise à jour réglementaire — règlement délégué (UE) 2023/707 (en vigueur depuis le 20 avril 2023) : le CLP intègre de nouvelles classes de dangerperturbateurs endocriniens pour la santé humaine (ED HH) et pour l'environnement (ED ENV), et les propriétés PBT/vPvB (persistant, bioaccumulable, toxique) et PMT/vPvM (persistant, mobile, toxique). Elles s'imposent aux nouvelles substances depuis le 1er mai 2025 et aux nouveaux mélanges à partir du 1er mai 2026 (délai supplémentaire pour écouler les lots déjà sur le marché). Ces classes n'ajoutent pas de nouveau pictogramme : elles se traduisent par de nouvelles mentions EUH sur l'étiquette.
Les anciens symboles carrés orange (croix de Saint-André, etc.) ont disparu : tout produit doit aujourd'hui porter les pictogrammes CLP — losange blanc bordé de rouge avec un symbole noir. Un bidon avec un carré orange est un produit périmé ou hors circuit : signalez-le.

2.2 Les 9 pictogrammes de danger

CodeSymboleSignificationExemples
SGH01Bombe qui exploseExplosifExplosifs, produits auto-réactifs, peroxydes
SGH02FlammeInflammableEssence, alcool, acétone, aérosols
SGH03Flamme sur cercleComburant (attise le feu)Eau oxygénée concentrée, nitrates, oxygène
SGH04Bouteille de gazGaz sous pressionButane, azote, oxygène, gaz liquéfiés
SGH05CorrosionCorrosif (peau, yeux, métaux)Soude, acides, déboucheurs
SGH06Tête de mort sur deux tibiasToxicité aiguë (mortel, toxique)Méthanol, cyanures, certains pesticides
SGH07Point d'exclamationNocif, irritant, sensibilisant cutanéJavel diluée, détergents, colles
SGH08Danger pour la santé (buste)Danger grave : CMR, sensibilisant respiratoire, toxicité d'organeSolvants CMR, silice, poussières de bois
SGH09EnvironnementDangereux pour le milieu aquatiqueSolvants, huiles, biocides
Les deux à ne jamais confondre : SGH07 (point d'exclamation) = nocif/irritant — désagréable mais réversible ; SGH08 (buste) = danger grave et durable, dont les CMR. Le second est bien plus grave que le premier, alors que son symbole semble plus anodin.

2.3 Lire une étiquette complète

Une étiquette CLP conforme comporte :

  • l'identité du fournisseur (nom, adresse, téléphone) ;
  • l'identificateur du produit (nom chimique ou dénomination commerciale) ;
  • les pictogrammes de danger ;
  • la mention d'avertissement : DANGER (dangers les plus graves) ou ATTENTION ;
  • les mentions de danger (H) : Hazard — elles décrivent la nature du danger ;
  • les conseils de prudence (P) : Precautionary — ce qu'il faut faire ;
  • des informations supplémentaires : mentions EUH propres à l'Europe, identifiant UFI, quantité nominale pour le grand public.
CodeFamilleExemples
H2xxDangers physiquesH225 liquide et vapeurs très inflammables
H3xxDangers pour la santéH314 provoque de graves brûlures de la peau et de graves lésions des yeux · H350 peut provoquer le cancer
H4xxDangers pour l'environnementH400 très toxique pour les organismes aquatiques
P1xx à P5xxConseils de prudenceP280 porter des gants · P262 éviter tout contact avec les yeux · P501 éliminer le contenu/récipient dans…
Piège classique : « pas de pictogramme = pas de danger ». Faux. Certaines catégories de danger n'ont pas de pictogramme associé, et les produits émis par un procédé n'ont pas d'étiquette du tout. L'étiquette est un résumé : la FDS reste la référence.

2.4 La règle d'or du contenant

Un produit chimique reste dans son emballage d'origine étiqueté. Si un transvasement est indispensable, le nouveau contenant doit être immédiatement ré-étiqueté avec les mêmes informations (nom, pictogrammes, mentions).
Jamais de produit chimique dans une bouteille d'eau, une canette ou un récipient alimentaire : c'est l'origine d'accidents graves, en particulier d'ingestions accidentelles. Et jamais un contenant sans étiquette : un produit non identifié devient un déchet dangereux.
Pour aller plus loin — Napo dans… Attention produits chimiques !
Questions associées : thème 2 → QCM.
Vidéo du module 3 — La fiche de données de sécurité (FDS)
Objectifs : savoir ce qu'est une FDS et qui doit la fournir • connaître ses 16 rubriques • y trouver rapidement l'information utile.

3.1 Qu'est-ce qu'une FDS ?

La fiche de données de sécurité est le document qui accompagne un produit chimique dangereux. Elle est obligatoire et gratuite : le fournisseur doit la transmettre au professionnel, en français, au plus tard lors de la première livraison (règlement REACH, art. 31 et annexe II).

La FDS est la carte d'identité complète du produit : elle contient tout ce que l'étiquette n'a pas la place de dire. C'est la base de l'évaluation des risques, du choix des EPI et de la conduite à tenir en cas d'accident.

3.2 Les 16 rubriques — et les 5 qui vous concernent au quotidien

RubriqueCe qu'on y trouve
1IdentificationProduit, fournisseur, téléphone d'urgence
2Identification des dangersClassification, pictogrammes, mentions H et P — l'essentiel en un coup d'œil
3CompositionSubstances dangereuses présentes et concentrations
4Premiers secoursQue faire en cas de contact, d'inhalation, d'ingestion — à lire AVANT l'accident
5Lutte contre l'incendieAgents d'extinction appropriés… et ceux à ne PAS utiliser
6Déversement accidentelConduite à tenir en cas de fuite, absorbants
7Manipulation et stockagePrécautions d'emploi, incompatibilités, conditions de stockage
8Contrôle de l'exposition / protection individuelleVLEP et EPI adaptés (type de gants, protection respiratoire)
9Propriétés physico-chimiquesPoint éclair, densité, pH, volatilité
10Stabilité et réactivitéProduits incompatibles, décomposition
11Informations toxicologiquesEffets sur la santé, court et long terme
12Informations écologiquesImpact sur l'environnement
13ÉliminationTraitement des déchets et emballages
14TransportClassement ADR
15RéglementationTextes applicables, restrictions
16Autres informationsDate de révision, signification des mentions H
Le réflexe du terrain : rubriques 2, 4, 5, 7 et 8. Elles répondent aux quatre questions vitales : quel danger ? que faire si ça tourne mal ? avec quoi j'éteins ? comment je manipule et me protège ?

3.3 Où est la FDS, et à quoi sert-elle vraiment ?

  • Elle doit être accessible aux salariés exposés (classeur, intranet, QR code au poste) ;
  • Elle est transmise par l'employeur au médecin du travail ;
  • Elle sert à établir la notice de poste (R.4412-39) — le document court, propre à votre poste, qui traduit la FDS en consignes concrètes ;
  • Elle doit être à jour : le fournisseur la révise (date en rubrique 16). Une FDS ancienne peut ne plus refléter la classification actuelle.
La FDS est écrite par le fournisseur : elle décrit le produit, pas votre poste. C'est l'employeur qui doit la traduire en mesures concrètes pour votre situation réelle (quantité, fréquence, local, ventilation).
Pour aller plus loin — Les fiches de données de sécurité (Ineris)
Questions associées : thème 3 → QCM.
Objectifs : connaître les 3 voies de pénétration • distinguer effets aigus et chroniques • comprendre VLEP, CMR et suivi médical.

4.1 Les trois voies de pénétration

VoieCommentExemples
RespiratoireLa plus fréquente : vapeurs, gaz, poussières, aérosols, fumées — on respire ≈ 15 000 litres d'air par jourVapeurs de solvant, poussières de bois, fumées de soudage
CutanéePassage à travers la peau (souvent sans douleur ni sensation), aggravé par une peau léséeSolvants, huiles, produits phytosanitaires
DigestiveMains sales portées à la bouche, aliments contaminés, transvasement dans une bouteille d'eauManger/fumer au poste, boire dans un contenant détourné
On sous-estime massivement la voie cutanée : beaucoup de solvants traversent la peau sans irritation et passent directement dans le sang. Ne pas sentir, ne pas avoir mal, ne signifie pas ne pas être exposé.

À noter : la voie oculaire (projections) et la voie parentérale (coupure, piqûre) complètent ces trois voies principales.

4.2 Effets aigus et effets chroniques

Effet aiguEffet chronique
DélaiImmédiat ou en quelques heuresDes mois à des dizaines d'années
CauseExposition unique et forteExpositions répétées, même faibles
ExemplesBrûlure, intoxication, malaise, irritation, œdèmeCancer, asthme professionnel, atteinte du foie ou des reins, infertilité, eczéma chronique
PerceptionVisible, on fait le lienInvisible : on ne fait pas le lien avec le travail
C'est l'effet chronique qui tue le plus dans le risque chimique. Les cancers professionnels sont, pour une large part, d'origine chimique — et ils se déclarent souvent après la carrière.

4.3 Les CMR

  • Cancérogène : peut provoquer un cancer (H350, H351) ;
  • Mutagène : altère le patrimoine génétique (H340, H341) ;
  • Reprotoxique : nuit à la fertilité ou à l'enfant à naître (H360, H361) ;
  • Règles renforcées : substitution obligatoire si techniquement possible (R.4412-66), travail en système clos à défaut, exposition réduite au minimum, suivi médical renforcé, traçabilité des expositions.
Pour un CMR, il n'existe pas de seuil sans risque reconnu pour la plupart des cancérogènes : chaque exposition compte. D'où la priorité absolue à la substitution.

4.4 Les VLEP : des limites, pas des garanties

Les valeurs limites d'exposition professionnelle (art. R.4412-149 s.) fixent une concentration à ne pas dépasser dans l'air : VLEP-8h (moyenne sur une journée) et VLCT-15min (court terme). Certaines sont réglementaires contraignantes, d'autres indicatives. Leur respect se vérifie par des mesures réalisées par un organisme accrédité.

Une VLEP respectée ne signifie pas « zéro risque » : elle ne protège pas forcément tout le monde (sensibilité individuelle, cumul de produits, effort physique qui augmente la ventilation pulmonaire). L'objectif reste le niveau le plus bas possible.

4.5 Suivi médical et facteurs individuels

  • Les salariés exposés à des agents CMR bénéficient d'un suivi individuel renforcé (SIR) avec examen d'aptitude par le médecin du travail ;
  • Grossesse et allaitement : certaines expositions sont interdites ou imposent un aménagement — à signaler très tôt au médecin du travail ;
  • Le tabac multiplie certains risques (effet synergique, ex. amiante) et transporte les contaminants des mains à la bouche ;
  • Une allergie (sensibilisation) une fois installée est souvent définitive : elle peut contraindre à changer de métier.
Questions associées : thème 4 → QCM.
Vidéo du module 5 — Zoom sur les gants de protection
Objectifs : connaître la hiérarchie de prévention • comprendre le captage à la source • choisir et utiliser les EPI adaptés.

5.1 La hiérarchie de prévention : dans l'ordre

RangMesureExemple
1Supprimer le produit ou le procédéChanger de technique : dégraissage mécanique plutôt que solvant
2Substituer par moins dangereux (obligatoire pour les CMR si possible)Peinture en phase aqueuse au lieu d'un solvant CMR
3Système closMachine fermée, transfert par pompe
4Captage à la source + ventilationSorbonne, bras aspirant, table aspirante
5OrganisationRéduire les quantités, le nombre d'exposés et la durée, procédures, formation
6EPI (dernier recours)Gants, lunettes, masque, vêtements
L'EPI est le dernier rempart, pas la première réponse : il ne protège qu'une personne, seulement s'il est adapté, bien porté, en bon état — et il ne réduit pas le danger. Une substitution réussie protège tout le monde, pour toujours.

5.2 Le captage à la source

Principe : capter le polluant au plus près de son point d'émission, avant qu'il ne se diffuse dans l'atelier et n'atteigne les voies respiratoires. C'est bien plus efficace qu'une ventilation générale, qui ne fait que diluer.

  • Le dispositif doit être au plus près de l'émission (l'efficacité chute très vite avec la distance) ;
  • Il doit éloigner le polluant du visage de l'opérateur, jamais le faire passer devant lui ;
  • Il doit être entretenu et vérifié périodiquement (débits, filtres) ;
  • Un apport d'air neuf compensatoire est nécessaire : sans lui, l'aspiration ne fonctionne pas.
Une hotte ou un bras aspirant débranché, obstrué ou mal positionné donne un faux sentiment de sécurité, souvent pire que pas de dispositif du tout. Signalez toute anomalie.

5.3 Les EPI adaptés au risque chimique

EPIPoints clés
GantsLe matériau doit être choisi selon le produit (nitrile, néoprène, butyle, PVA…) : aucun gant ne résiste à tout. Vérifier le temps de passage indiqué et changer régulièrement. Norme EN ISO 374. Les gants jetables fins conviennent aux contacts très brefs, pas à la manipulation.
Lunettes / écran facialContre les projections (surtout corrosifs) : lunettes à protection latérale ou écran facial pour le transvasement.
Protection respiratoireMasque à cartouche adaptée au polluant (A pour vapeurs organiques, B, E, K, P pour particules…), ajusté au visage (barbe = étanchéité compromise), avec durée de vie limitée. C'est un EPI contraignant, de dernier recours.
VêtementsCombinaison ou tablier adaptés ; retirer immédiatement un vêtement souillé (le produit continue de pénétrer).
Trois erreurs fréquentes : garder les mêmes gants toute la semaine (ils sont saturés et deviennent un réservoir de produit contre la peau) ; utiliser un gant inadapté au produit ; enfiler des gants sur des mains sales. La FDS (rubrique 8) donne le bon choix.

5.4 L'hygiène : la mesure gratuite qui protège le plus

  • Se laver les mains avant toute pause, avant de manger, de fumer, d'aller aux toilettes ;
  • Ne jamais manger, boire ou fumer au poste de travail exposé ;
  • Ne pas se laver les mains au solvant : il ouvre la barrière cutanée et fait pénétrer les produits ;
  • Séparer les vêtements de travail des vêtements de ville (vestiaires à double compartiment) ;
  • Ne pas ramener de vêtements de travail contaminés à la maison : leur entretien incombe à l'employeur, notamment pour les CMR.
Questions associées : thème 5 → QCM.
Objectifs : stocker sans incompatibilité • transvaser en sécurité • gérer déchets et fuites • réagir à un accident chimique.

6.1 Les règles de stockage

  • Local dédié, ventilé, frais, à l'abri du soleil et du gel, fermé et réservé aux personnes formées et autorisées ;
  • Rétention : bacs de rétention sous les contenants et rétention générale du local — la capacité doit permettre de retenir la fuite du plus gros contenant ;
  • Séparer les incompatibles (voir 6.2) ;
  • Quantités limitées au poste : on ne stocke pas la réserve dans l'atelier ;
  • Produits lourds en bas, jamais en hauteur au-dessus de la tête ; pas de stockage au sol dans les passages ;
  • Étiquetage lisible et FDS disponible pour chaque produit stocké ;
  • Absorbant adapté et moyens d'extinction à proximité, et signalisation du local.

6.2 Les incompatibilités : la règle qui évite le drame

Ne jamais stocker/mélanger…Risque
Acides + basesRéaction violente, projections, dégagement de chaleur
Javel (hypochlorite) + acide (détartrant)Dégagement de chlore : gaz toxique — accident domestique et professionnel classique
Javel + ammoniaque (certains nettoyants)Dégagement de chloramines toxiques
Comburants + inflammablesIncendie, explosion
Produits + eau (certains)Réaction exothermique violente (ex. acide sulfurique concentré, métaux alcalins)
Ne mélangez jamais deux produits de nettoyage, même « pour que ça nettoie mieux ». Le mélange javel + détartrant a envoyé de nombreux salariés aux urgences. Un seul produit à la fois, dilué selon la notice, jamais « à l'œil ».

6.3 Le transvasement

  • Éviter le transvasement chaque fois que possible (pompe, doseur, système clos) ;
  • Si nécessaire : gants adaptés + lunettes ou écran facial, local ventilé, entonnoir, plateau de rétention ;
  • Ré-étiqueter immédiatement le contenant receveur ;
  • Ne jamais utiliser de récipient alimentaire ;
  • Pour les liquides inflammables : liaison équipotentielle et mise à la terre (l'électricité statique enflamme les vapeurs), pas de flamme ni d'étincelle à proximité ;
  • Verser l'acide dans l'eau, jamais l'eau dans l'acide (projections par ébullition).
Moyen mnémotechnique : « on ne jette jamais l'eau à l'acide » — l'acide se verse lentement dans l'eau, jamais l'inverse.

6.4 Les déchets

  • Un produit chimique usagé ou non identifié est un déchet dangereux : il ne va ni à l'égout, ni à la benne ordinaire, ni au sol ;
  • Bidons séparés par famille, étiquetés, fermés, en rétention, avec une filière d'élimination agréée (bordereau de suivi) ;
  • Les emballages vides restent dangereux (résidus, vapeurs) : ils suivent la filière du produit ;
  • Chiffons imbibés de solvant : bac métallique fermé (risque d'auto-inflammation).

6.5 Les situations d'urgence

SituationConduite à tenir
Projection dans l'œilRincer immédiatement à l'eau 15 minutes minimum, œil ouvert, du nez vers l'extérieur ; retirer les lentilles si possible ; appeler le 15 — l'œil ne pardonne pas le retard
Projection sur la peauRetirer les vêtements imprégnés (sans frotter la peau), rincer abondamment à l'eau 15 minutes, avis médical
InhalationMettre la victime à l'air libre sans s'exposer soi-même, alerter (15/18/112), surveiller la respiration
IngestionNe PAS faire vomir, ne rien faire boire, alerter le 15 ou le centre antipoison avec l'étiquette ou la FDS sous les yeux
DéversementAlerter, éloigner le personnel, ventiler, contenir avec l'absorbant adapté si l'on est formé et équipé ; sinon on évacue et on laisse faire
IncendieSuivre la rubrique 5 de la FDS : certains produits interdisent l'eau ; signaler la nature des produits aux secours
En cas d'accident, l'information la plus utile aux secours est le nom exact du produit : apportez l'étiquette ou la FDS. C'est ce qui permet au médecin de choisir le bon traitement.
Les centres antipoison sont joignables 24 h/24 : leur numéro figure en rubrique 1 ou 4 de la FDS. Repérez, dès votre prise de poste, la douche de sécurité, le rince-œil et l'emplacement des FDS.
Questions associées : thème 6 → QCM.

🎯 Lancer l'évaluation

Sources

Vidéos utilisées

Les vidéos de tiers sont diffusées via le lecteur YouTube officiel de leurs auteurs, qui en restent propriétaires ; elles ne sont ni ré-hébergées ni modifiées (simple intégration du lecteur officiel) et peuvent cesser d'être disponibles à leur initiative. Chaque vidéo est créditée de son auteur dans son intitulé ci-dessus. Les textes de cours ont été rédigés par ONN/OFF Studio d'après les sources officielles citées, sans reproduction intégrale d'un document tiers ; questionnaires, mises en forme et plateforme : © ONN/OFF Studio.